Mon accouchement #3 : l’allaitement, c’est pas automatique

Voici enfin le dernier morceau de mon « petit » récit d’accouchement. Cette partie est malheureusement moins drôle, et elle me reste amère. Comme quoi on peut avoir un bon accouchement, et des suites de couches plus pénibles. On va parler cul les filles ^^!

Pour lire les 2 premiers épisodes (ouah, ça fait saga ^^!) : #1 les contractions, ça fait mal ! et #2 merci la péri !

L’Alien est donc dans mes bras. Son père coupe le cordon puis court s’évanouir dans le couloir, le pauvre ^^; Le gynéco s’affaire à me recoudre et voilà que l’Alien cherche le sein. Ni une, ni deux, je le colle comme je peux, et le fait téter quelques instants. Il s’arrête et s’endort. Nous restons en peau à peau un long moment. Je le trouve mignon. Une bouille d’amour et des traits fins. Le temps passe. La puéricultrice ou le sage femme (j’ai oublié) propose à Chéri d’habiller l’Alien afin de retourner en chambre.

Le pourquoi du comment

Nous y retournons donc. Je suis un peu groguie par la péridurale, et râle d’être en chambre double alors que j’ai demandé une chambre simple. Mais bon, il n’y a personne à côté de moi, alors ça va. Je grignote un bout. Chéri fait une sieste. Mais j’ai une douleur qui se réveille. Non pas à l’épisio (qui est tout de même bien sensible), mais derrière. Je m’installe au mieux, c’est pire. J’ai les larmes qui montent toutes seules, j’ai un mal de chien. J’appelle la sage-femme qui vient m’examiner, fait de grands yeux et me déclare une supeeeeerbe sortie d’hémorroïdes (je vous l’avais dit qu’on parlerait cul ^^). Elle me propose du Doliprane. Vu que j’allaite elle est coincée. Ahah.

Bref, pour la faire courte, je suis restée alitée 3 jours à pleurer, sans pouvoir bouger, à voir Chéri s’occuper de l’Alien 24h/24. Le gynéco a oublié de me visiter le lendemain, ce qui fait que je n’ai eu des soins adaptés que 2.5 jours après l’accouchement. Résultat : polythrombose. En gros, impossible de m’asseoir, de m’allonger, de marcher, aller aux toilettes, essayer de prendre une douche. Une horreur. Les sages-femmes ont même toutes défilé car elles n’avaient jamais vu ça. 2 mois après, il paraît qu’on en parle encore à la maternité ^^; Mon postérieur a fait le tour du monde youhou, quelle gloire !

Le seul point « positif » est que j’étais dans un tel état que l’on m’a mis en chambre simple dès le lendemain en urgence. J’ai donc pu me reposer un petit peu. Et je suis aussi ravie d’avoir bloqué les visites de la famille pendant 48h, je ne voulais absolument pas être vue dans cet état. Quoique ma belle-mère s’en foutait, tout ce qu’elle voulait c’était l’Alien. Fuck tiens.

Comment foirer un allaitement

Hum. tout ça pour en arriver à l’allaitement. Pour le lancer, la sage-femme et la conseillère en lactation (si si ça existe) demandent à ce que l’Alien soit au sein le plus souvent possible. Seulement, je suis alitée et défoncée par les médicaments. L’Alien tétouille toute de même. Je trouve ça beau, et même agréable. Enfin de la douceur. Mais petit à petit, il commence à refuser le sein. Il n’arrive pas à faire la « ventouse ». On insiste, toutes les 2 heures, on le stimule avec un petit tuyau. Il ne veut pas du sein, s’énerve et hurle. On me met au tire lait pour stimuler la montée de lait. Rien. On propose à l’Alien de prendre le sein avec un bout de sein sur une tétée afin de l’apaiser.

Pas de montée de lait + pas de forte succion => début de foirage de l’allaitement. Mais ça, je ne le savais pas.

Au bout de 6 jours (moui, j’ai fait du rab’. Mon banquier me remercie), je me sens à peu près d’attaque pour rentrer à la maison et allaiter seule l’Alien. Mais la douleur des hémorroïdes est encore très vive. Ma sage-femme passe me voir le lendemain. Comme d’habitude, c’est un rayon de soleil. Elle tique sur le bout de sein et le tire-lait. Le poids de l’Alien est stable depuis 48h.

3 jours après, l’Alien n’a toujours pas pris de poids. La sage-femme me prescrit des tisanes, de l’homéopathie et une mise au sein presque à l’excès, car la montée de lait n’arrive toujours pas, presque 10 jours après l’accouchement. Je suis inquiète, mais je ne lâche pas le morceau. Le weekend passe. Le lundi suivant, toujours rien. Pas de prise de poids, et l’Alien refuse le sein complètement. La sage-femme tente un complément pour vérifier s’il prend assez au sein. Il vide la pipette. On se regarde, l’air un peu désemparé. Une seconde pipette. Il la vide. La fin du biberon de complément. Il engloutit tout. Je fonds en larmes.

Le verdict de la sage-femme est sans appel : mon bébé est affamé.

Elle m’explique que ça va devenir dangereux s’il ne grossit pas plus. Elle me propose de le mettre au sein comme d’habitude, mais de le compléter lorsqu’il en a terminé et s’il semble avoir faim. Au pire, de faire du mixte. Seulement l’Alien a très vite compris le truc. Malgré un biberon spécial allaitement (le Medela Calma, très bien !), il a aussitôt refusé le sein. Complètement. Et nous sommes passés au biberon. A 100%. Je n’en pouvais plus. Physiquement et mentalement, j’étais épuisée. J’ai même pensé que mon bébé ne voulait pas de moi. J’ai détesté aussi mon corps qui ne m’obéissait pas. Je me suis haïe.

Bref. L’allaitement a raté.

Après analyse avec la sage-femme, cet énorme loupé est dû aux soins tardifs des hémorroïdes. Un soin dans la journée aurait anesthésié la douleur, et permis à la montée de lait de se faire plus facilement.

S’il y a bien quelque chose qui me tenait à coeur si un jour j’avais un enfant, c’était de l’allaiter. Jusqu’à 6 mois environ. Le peu que l’Alien a tété a été un réel moment de bonheur et de bien-être. Peut-être que j’aurai dû contacter la Leache League, peut-être que j’aurai dû insister encore plus avec les mises au sein rapprochées. Mais maintenant, il faut que je m’y fasse, c’est ainsi. L’Alien aura été allaité 15 jours, je lui ai donné tout ce que j’ai pu.

Aujourd’hui, l’Alien est au biberon, et je m’y fais. J’ai parfois un pincement au coeur lorsque je revois les images de sa petite bouille scotchée à mon sein. Je saurai à quoi m’attendre si jamais un autre enfant arrive dans ma vie.

Voilà, ce n’était pas super amusant. Mais parfois certaines choses ont besoin de sortir. Je suis un peu envieuse des mamans qui allaitent, mais je sais que je me suis battue à fond pour que mon allaitement marche. J’ai fait tout ce que j’ai pu, donc il faut que j’efface les regrets. Mamans allaitantes, profitez-en bien ❤

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6 commentaires to “Mon accouchement #3 : l’allaitement, c’est pas automatique”

  1. Ouhlala je me retrouve un peu dans ton récit….hormis les hémorroïdes… ^^
    Louis refusait le sein, a perdu beaucoup de poids. Verdict de mon sage femme, on s’acharne au risque de le voir encore maigrir (mouais…), tire-lait pour faire des bib de lait maternel ou bib de lait artificiel…
    On a opté pour le tire-lait, mais vu que Louis ne tetait pas, la lactation avait chuté, obligée de tirer toutes les heures pour la faire remonter, et de me lever 2 fois par nuit alors que Louis ne se réveillait qu’1 fois… Bref l’horreur…
    J’ai persévéré (je me demande encore comment) et je suis au tire lait depuis le 25 mai, mais c’est dur moralement (d’avoir échoué au sein) et physiquement (pas très glam’) mais j’essaie de tenir bon… Pas facile tous les jours j’avoue !
    Tu as réussi 15 jours, dit toi que l’alien en a profité, que cette solution est meilleure pour vous 2, et des moments de tendresse il y en a tant d’autres 🙂

    • Aaaah ! Toi aussi c’est un petit Louis 😀
      Le tire-lait c’est un cercle vicieux, j’ai tenté pendant quelques jours, mais c’était devenu très contraignant. Et en effet, la lactation baissait petit à petit. Je te félicite de tenir bon ! J’espère que tu pourras lui donner un peu de toi aussi longtemps que tu le souhaites ! ❤

  2. coucou
    je ne suis absolument pas experte mais ‘ai entendu parler de « relactation » un redémarrage de l’allaitement… renseigne toi peut etr??

    • Bonjour Plume d’ange ! En effet, la relactation existe bien, on l’a tenté avec la sage-femme, sans succès. Peut-être que la Leache League pourrait m’en dire plus. Mais je t’avoue avoir fait mon deuil. Ce sera peut-être pour un prochain !

  3. Je comprends très bien ce que tu as vécu vu que j’ai eu quasiment le même coup! Pas d’hémorroïdes pour moi (enfin pas dans ces proportions… Ouille, ma pauvre), mais un accouchement très long après une grossesse bien difficile, ce qui fait que j’ai fait un malaise d’épuisement juste après l’accouchement. Ma fille s’est donc retrouvée un petit moment dans les bras du papa (genre une heure), le temps que je me remette un peu. Du coup pas de première tétée à la naissance. Ma montée de lait est arrivée au bout de 5 jours, mais comme ma fille était assez faible, il avait déjà fallu donner un complément à la pipette. Elle ne voulait pas prendre le sein (elle mettait ces petits bras tendus devant elle pour me repousser… Bonjour le sentiment de rejet!), et je n’avais quasiment pas de lait (tire-lait toutes les 2 heures pour stimuler la lactation, au mieux, en 15 min, je récoltais 1 mm de lait). Au bout de 8 jours d’essais de toutes sortes à la maternité, la puéricultrice a fini par me faire admettre qu’il fallait qu’on rentre chez nous et que, parfois, un allaitement ça ne fonctionnait pas… Bref, on est rentré avec un bib! J’ai retenté le coup à la maison, mais ça n’a pas plus fonctionné!
    ça a été difficile pour moi d’accepter cet échec, de ne pas culpabiliser de ne pas avoir donné le meilleur à ma fille. Au final, ma fille a 2 ans, elle est en pleine forme et elle n’a pas été plus malade que la fille d’une de mes copines qui est née en même temps et qui a été allaitée jusqu’à 6 mois exclusivement puis jusqu’à 1 an

    Juste un conseil: tu risques de croiser des mamans qui te demanderont d’un air un peu choqué pourquoi tu n’allaites pas, puis qui diront que tu n’as pas assez persévéré, ou que tu n’as pas été dans la bonne maternité, ou toutes autres raisons de te faire culpabiliser… Tu fais un sourire et tu passes ton chemin. Toi seule sait réellement ce qui s’est passé et combien tu as voulu et fait le maximum possible pour y arriver.

    Et le biberon a bien d’autres avantages et n’empêche en aucun cas les moments de calin et de tendresse! Profite de chaque instant !

    Et merci pour ton témoignage! Au final peu de gens ose en parler et je pense que ça fait beaucoup de bien aux autres mamans de se rendre compte que ça arrive aussi à d’autres (en tous cas, moi ça me fait du bien (comme quoi la blessure n’est peut-être pas tout à fait refermée!))

    • Bonjour Suzie ! En effet, nos histoires sont semblables. Je partage ton sentiment d’amertume ! Ma SF m’avait tellement expliqué que toutes les femmes pouvaient allaiter que je n’ai pas compris sur le coup pourquoi ça ne fonctionnait pas. Les semaines ont passé depuis, et oui je pense que le mot « blessure » est plutôt correct. Il y a je pense toujours une petite trace.
      Je profite au mieux, petit Alien est très éveillé (il ne fait que des micros siestes le bougre !), alors nous partageons d’autres moments. J’ai une dent contre le biberon car depuis nous cherchons un lait qui lui convient car il a beaucoup de reflux. Encore une autre histoire ^.^

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