Le baby blues version XXL : la dépression post partum

Voici un article pas forcément drôle, mais qui est important pour moi. La dépression post partum. Presque un an et demi après, je commence à m’en remettre, c’est dire si c’est du lourd hein 😀 Le baby blues version XXL, tintintin !

Attention, je ne vous donne pas tous les détails de mes angoisses car ce n’est pas le lieu (et je perdrai toutes mes lectrices !). J’ai choisi volontairement un ton un peu léger car je préfère rire que pleurer sur mon sort. Mais le fond du sujet est on ne peut plus sérieux. Je souhaite que cet article puisse servir à certaines qui se sentent aussi perdues que moi à une époque.

Je vous avais raconté il y a quelques mois comment mon allaitement avait raté. Je pense que c’est à partir de là que tout s’est effondré. Je comptais sur l’allaitement pour créer un lien avec petit Alien car malgré la grossesse, je ne me sentais pas « devenir maman » du fond des mes tripes. Or ça n’a pas marché. J’ai eu du mal à en faire le deuil car pour moi l’allaitement était un grand geste d’amour. Le reflux (RGO) s’est ajouté au tout. Donc je me suis retrouvée avec un bébé qui pleurait non stop. Ajoutez à cela mes amis ne m’appelaient pas. Ma famille ne prenait pas de mes nouvelles non plus, à part ma mère de temps en temps pour me dire de le laisser hurler.

(c)Pixmac_si

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Bref. J’ai mis 3 mois avant de me lâcher chez ma sage-femme en pleurant toutes les larmes de mon corps que je n’aimais pas mon bébé, que j’avais fait la plus grosse connerie de ma vie, je le « voyais » mourir toutes les 5 secondes, et moi avec. Si, si. Rien de moins que ça et sans exagération. Je me sentais un danger pour mon bébé. Je me suis sentie monstrueuse même. Résultat du craquage : en urgence chez un psychiatre spécialisé en post partum de Montpellier (si ce n’était pas l’internement). Et ça m’a sauvé la vie. Alors c’est sûr, les séances ne durent que 15 minutes, mais j’ai trouvé là un homme qui a su m’écouter et ne pas me regarder avec de grands yeux héberlués. Il m’a prescrit des médicaments pour calmer mes « visions », et ça a marché quelques semaines plus tard.

J’ai ensuite consulté une psychanalyste en plus pour creuser sur le fond du problème car la dépression post partum ne sort pas de nulle part. J’ai analysé qu’en fait je n’ai pas de « vraie » mère dans mon entourage, pas reçu d’amour de la part de mes parents, en tout cas pas assez pour en faire un modèle. Je me suis donc tournée vers les livres pour construire une image de mère idéale que je souhaitais devenir pendant ma grossesse (bébé allaité, choyé, tout sage, entouré). Puis mon bébé est arrivé, et je suis tombée de haut car rien ne s’est passé comme prévu.

Aujourd’hui, cela fait un an que je consulte, et je peux vous dire que ça va mieux. Je ne vous cache pas que parfois je me demande encore si j’ai fait le bon choix d’avoir un enfant, mais les sourires et les progrès qu’il fait me font ensuite oublier toutes ces questions négatives. C’est un bébé éveillé, tout sourire, et très vif. Mon seul souci majeur qu’il me reste aujourd’hui est la solitude qui me donne souvent des idées noires.

La dépression post partum n’est pas une fatalité, elle est juste passagère et a besoin d’être traitée. C’est grave et cela peut nuire à votre bébé dans son comportement affectif. Si vous sentez que le coup de blues après bébé ne passe pas, n’hésitez pas à vous confier à votre sage-femme. Nous ne sommes pas surhumaines ! Je suis aujourd’hui absolument pas honteuse d’avoir demandé de une aide extérieure.

Pour terminer, il y a l’association Maman Blues qui soutient et prévient les dépressions post partum et la difficulté maternelle. Ce site est très sérieux, je vous le recommande vivement 🙂

Si vous souhaitez échanger sur ce sujet, n’hésitez pas ^_^

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11 commentaires to “Le baby blues version XXL : la dépression post partum”

  1. C’est un très bel article, tu fais preuve de courage et je suis sûre que ça aidera des mamans qui sombrent aussi comme toi. Après, faut donner un grand coup et remonter! Bravo!
    Et non, on est pas toutes faites pour pouponner…

    • Oui se mettre un gros coup de pied au derrière est ce qui m’a fait remonter. Mais l’aide extérieure est vraiment indispensable 🙂
      En effet, nous ne sommes pas toutes faîtes pour pouponner, mais je le croyais. Comme quoi cet vieil adage est toujours de mise : On ne naît pas mère, on le devient.

  2. Quelle émotion. Merci d’avoir partagé ton expérience avec nous. C’est vrai qu’il ne faut jamais hésiter à se faire aider.

  3. Témoignage touchant! Vous avez déjà parcouru un joli chemin face à vos peurs, vos angoisses… Bonne route à vs et votre petit. J’espere que ce récit pourra aider l’un ou l’autre personne car il n’a pas du être facile à écrire mais je suis sur que plus d’une mère est confrontée à ce « chamboumlement » et réduite au silence.

  4. Vous avez eu au final le bon réflexe d’aller consulter. Heureux de savoir que ces moments difficiles sont derrière vous !

  5. Bonjour,
    Je pense débuter une dépression j ai accoucher il y a 1 mois!
    J aurai aimé savoir qui était le psychiatre que vous avez consulté car je voudrai le rencontrer!
    Merci pour votre témoignage

  6. C’est bien d’en avoir parlé et d’avoir su analyser tes problèmes 😉

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